Le gouvernemet réunit le comité d'alerte des comptes publics qui doit faire le point sur la situation budgétaire et "éclairer les décisions à prendre" pour éviter un nouveau dérapage.
Le ministère de l'Économie. ( AFP / - )
Le gouvernement pourrait annoncer plusieurs milliards d'annulations de crédit à l'occasion d'une réunion mardi 21 avril du comité d'alerte des finances publiques, selon des informations des Échos . Contacté par l' AFP , le cabinet du ministre de l'Économie Roland Lescure n'a pas été en mesure d'infirmer ou de confirmer ce montant.
La réunion du comité d'alerte a pour objectif "d'identifier suffisamment tôt d'éventuels dérapages et de prendre des mesures correctives rapidement", a expliqué au Parisien samedi le ministre. Des annulations de crédits pourraient être annoncées à cette occasion. Selon Les Échos , elles devraient atteindre "environ 4 milliards d'euros" . Contacté par l'AFP, le cabinet de Roland Lescure n'a pas été en mesure d'infirmer ou de confirmer ce montant.
Selon Le Monde , qui cite des sources concordantes, les économies vont s'élever à 4 milliards d'euros pour l'État et 2 milliards pour la Sécurité sociale, soit un total de 6 milliards d'euros .
Le comité d'alerte des finances publiques, lancée après d'importants dérapages du déficit public en 2023 et 2024, réunira à Bercy des parlementaires, représentants de la Sécurité sociale, des syndicats ou des collectivités locales autour des ministres de l'Economie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel. L'an dernier, cette structure s'était réunie deux fois: le 15 avril autour de l'ex-Premier ministre François Bayrou, qui avait alerté les Français sur le "piège" de la dette qui menace "la survie (du) pays", et le 26 juin pour annoncer un coup de frein supplémentaire de cinq milliards d'euros sur les dépenses publiques afin de tenir l'objectif d'un déficit de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025. Il s'est finalement établi à 5,1%, une bonne nouvelle dont le gouvernement s'est félicité fin mars.
Renchérissement de la dette
Mais la guerre au Moyen-Orient rebat les carte et bouscule l'économie française, tout en entraînant "un renchérissement significatif du service de la dette" , avec un coût de la crise "estimé aux alentours de 4 milliards" d'euros, a prévenu Bercy mardi. Et l'incertitude persiste, l'Iran ayant de nouveau fermé samedi le stratégique détroit d'Ormuz, après avoir annoncé vendredi sa réouverture le temps de la trêve avec les États-Unis.
Face à l'envolée des prix de l'énergie, le gouvernement a légèrement diminué cette semaine sa prévision de croissance économique, à 0,9% en 2026 (contre 1% prévu avant), et revu en hausse sa prévision d'inflation, à 1,9% (contre 1,3% avant). Il maintient en revanche son objectif de 5% de déficit cette année et son engagement à le faire passer sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles. Des prévisions "crédibles", selon Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade.
Mardi, le comité d'alerte fera le point sur la situation des comptes publics, au regard de ces nouvelles prévisions, et aura pour tâche "d'éclairer les décisions à prendre" , a indiqué Bercy cette semaine.
David Amiel avait prévenu fin mars que "toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise" énergétique entraînerait "une annulation d'une dépense qui était prévue, à l'euro près", pour "tenir (les) objectifs pour 2026".
"La France est vraiment regardée de près par les marchés"
Le gouvernement a déjà annoncé 130 millions d'euros de dépenses de soutien face à la crise : 70 millions pour aider transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, et 60 millions pour renforcer le chèque énergie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué vendredi qu'un "prochain paquet d'aides" serait annoncé en mai pour les filières les plus touchées.
"On sent que la France est vraiment regardée de près par les marchés, et le gouvernement en a une conscience très aigüe", souligne Maxime Darmet. "Il y a vraiment une volonté de ne surtout pas creuser les déficits", note-t-il.
Lors de cette réunion, "je m'attends d'abord à une annulation de crédits" , a indiqué à l' AFP le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin (LR). "Ensuite, j'attends de la transparence sur les chiffres réels du déficit prévu", car "il est indispensable de savoir précisément où nous en sommes", a-t-il ajouté. "Troisièmement, j'attends des éléments de prospective plus solides", a poursuivi le député.
"J'espère de la transparence sur les prévisions et la manière dont va déraper le budget avec l'effet de la guerre", a expliqué le président (LFI) de la commission des Finances de l'Assemblée, Éric Coquerel. "En fonction de ça, je ne vois pas très bien comment on évite un projet de loi de finances rectificatif ", a-t-il jugé.
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